Eco-voiturage

 

Du bien partagé à Ia rencontre

 

" Si on se retrouve devant le Cineville, ça te va? " Le SMS vient de tomber sur mon mobile. Petit frissorn: c'est la première fois que ie vais être passager en covoiturage.

Bien sûr, étant étudiant, j'avais fait un peu d'autostop. Mais me voici à 65 ans passés, utilisateur de " Blablacar r. Sur cette plate- forme, des automobilistes offrent un trajet, le site encaisse (en prélevant sa commission au passage) les participations des passagers intéressés avant de les reverser au conducteur. De quoi, pour celui- ci, amortir un peu de son essence... tandis que ses hôtes paient bien moins cher que par le train.

 

              170 krn ensemble

 

Lassé de faire seul, et deux ou trois fois par semaine le même long trajet pour visiter ma maman dépen- dante, je suis donc devenu « covoitureur ». Et je découwe que l'on ne partage pas que le véhicule et le trajet. Pour cette première fois, c'est Auréiie qui “m’embarque”, pas surprise, à 23 ou 24 ans, de se trouver devant un senior. Le tutoiement est immédiat et naturel. Nous avons 170 km à passer ensemble et, à trois dans l'auto (il y a une seconde passagère), Ia discussion s'installe. . . D'abord autour du “Et toi qu'est-ce que tu fais dans la vie ? Auré- lie, étudiante, alors en stage en abattoir évoque les contraintes de ces métiers; Céline, en formation hôtelière, rejoint pour une période d'essai une rési- dence sur la côte. Emplies l'une et I'autre d'espoir et de goût de vivre. Attachées aussi à leur famille et aux amis qu'elles retournent régulièrement voir... Par-dessus les générations, nos valeurs sont finale- ment proches ! Et la rencontre riche.

Mais elle l'est aussi quand les contrastes se font plus forts. Comme avec Patrice, la quarantaine (cette fois j'étais chauffeur), un peu lassant à raconter comment il a tout vu et tout fait... Ou encore avec Lucas, le corps constellé de tatouages et piercings, “ Zadiste " opposé à l'aéroporl de Notre-Dame des Landes, qui attaque d'emblée: “Toi, l'installé, tu as vraiment besoin de faire payer le voyage? ". Mais avec tous, les kilomètres s'écoulant, l'échange s'équilibre, dans une forme de respect mutuel. N'avons-nous pas, implicitement, accepté de décli- ner le « viwe-ensemble, durant 2, 3, 5 heures ou plus ?

I Gwenaël Demont

 

Une bonne façon de voyager : le covoiturage !

 

L'économie collaborative : près de 300 plateformes

 

Avec Blablacar (ci-dessus), on recense, parmi les plus connues,Airbnb (des particuliers louant une chambre ou un appartement pour une nuit ou plus), Uber (deschauffeurs particuliers viennent sur appel ou SMS vous conduire où vous vou- Iez).Il y a encore le bon coin, gràce auquel on peut vendre vêtements, livres, guitares ou vélos usagés... mais aussi un bien immobilier ou pro- poser ses services. La Ruche qui dit oui ou cer- taines AMAP (voir page 14) rapprochent quant à elles des consommateurs et des producteurs d’aliments. D'autres se sont spécialisées dans les secteurs des services à la personne, du divertis- sement, de Ïéquipement, du déménagement ou du stockage, etc.

Point commun à toutes ces initiatives: elles sont visibles et accessibles via internet... Cest cet outil - parfois conjugué au smartphone et au SMS - qui permet la mise en relation instanta- née entre vendeur et acheteur d’un bien ou d’un service, même s'ils résident aux antipodes. Géné- ralement s'y ajoute la dématérialisation du paie- ment - grâce toujours à internet.

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