les ainés ne sont pas une priorité

 

 
Présidentielles 2017 
les ainés ne sont pas une priorité déplorent
les petits frères des Pauvres

 

En France, les personnes âgées de plus de 60 ans représentent plus de 20 % de la population. Bien que la transition démographique soit un enjeu pour les 50 ans à venir, il semble que les personnes âgées ne soient pas une priorité dans les programmes des candidats à l'élection présidentielle 2017.

Le vieillissement durable est une nouveauté de notre société. Avec une espérance de vie de 79,4 ans pour les hommes et 85,4 ans pour les femmes, 20.000 centenaires (presque vingt fois plus qu'en 1970 !), on n'a jamais vécu aussi longtemps en France. Et selon l'INSEE, en 2060, 23,6 millions de personnes seraient âgées de plus de 60 ans, soit une personne sur trois et on pourrait compter 200.000 centenaires.

Depuis dix ans, les pouvoirs publics ont commencé à intégrer ces perspectives en passant d'une politique de la vieillesse à une politique du vieillissement. Face à l'ampleur des besoins, on ne peut se suffire des quelques avancées générées par la loi Adaptation de la société au vieillissement promulguée en décembre 2015.

Les petits frères des Pauvres déplorent que les candidats à l'élection présidentielle ne présentent pas de propositions plus novatrices pour les personnes âgées. Sans prospective, sans ambition sur le long terme, sans prise en compte de la parole des personnes âgées et des acteurs de terrain, les enjeux du vieillissement et la place des aînés risquent de devenir une urgence dans les années à venir.

Pour Alain Villez, président des petits frères des Pauvres

Alain Villez, président des petits frères des Pauvres« il est essentiel que les candidats à l'élection présidentielle ne se contentent plus de faire des propositions à court terme, pour la durée d'un quinquennat, mais proposent une politique préventive et volontariste, un vrai contrat social en tenant compte vraiment des besoins exprimés par les personnes âgées, en permettant à chacune d'entre elles la possibilité de choisir son lieu de vie, quels que soient son parcours, ses ressources ou ses difficultés, en favorisant une société protectrice, inclusive et intergénérationnelle. Il est urgent de donner à la fraternité la place qu'elle mérite ! »

Fort de son expérience et de son engagement auprès des personnes âgées, en particulier les plus fragilisées et les plus isolées, l'Association regrette que les candidats ne formulent pas des propositions à la hauteur des enjeux.

Si une majorité d'entre eux proposent la revalorisation de l'ASPA (Allocation de solidarité pour les personnes âgées ou minimum vieillesse), ils n'affichent pas pour autant la volonté de sortir d'un « minimum vieillesse » sous le seuil de pauvreté (ndlr : sauf Jean-Luc Mélenchon).

Concernant les aides à l'autonomie, alors qu'une majorité de Français réclament la mise en place d'un financement durable et que les personnes sont de plus en plus confrontées aux difficultés financières et psychologiques, les propositions des différents candidats ne se concentrent que sur le financement de la sécurité sociale et l'assurance retraite en particulier et sur l'âge légal de départ en retraite.

Quant à l'habitat, les propositions sont peu innovantes et se résument essentiellement à l'augmentation des places d'EHPAD. Ces lieux d'accueil sont bien sûr indispensables mais ces propositions ne sont pas à la hauteur des besoins exprimés par un nombre croissant de personnes âgées souhaitant avant tout rester à leur domicile. 

Même constat concernant l'accompagnement de la fin de vie et les soins palliatifs qui ne figurent dans aucun programme des candidats.

Depuis plusieurs années, les petits frères des Pauvres, comme l'ensemble du secteur associatif, constatent une hausse inquiétante de l'isolement chez les personnes âgées, principalement chez les plus de 75 ans, avec un triptyque infernal « vieillissement- isolement- pauvreté » chez les plus fragiles. Les personnes âgées, qui ont envie de rester des acteurs à part entière de notre société sont une vraie richesse.

Retisser le lien social, favoriser les échanges entre les générations, encourager les plus jeunes à s'investir auprès des plus âgés doivent être une priorité. 

Et là aussi, les propositions des différents candidats ne sont pas très étayées : 

Lendemains d’élections


J’étais à Paris entre les deux tours des législatives, pour participer à l’assemblée générale du MCR. Mes allées et venues furent jalonnées par les devantures des kiosques à journaux annonçant à l’envi le raz de marée pour le président nouvellement élu, une assemblée qui ne serait qu’une chambre d’enregistrement, la menace d’une sorte de dictature, pire, la perspective d’une époque « stalinienne ». Et les conversations ici où là n’étaient pas en reste pour malaxer les critiques. 

Ainsi s’exprimaient les déceptions des « vaincus » sans doute mais davantage et plus obscurément, me semble-t-il, la peur de l’inconnu.

Les médias, eux, semblent s’affoler d’avoir à renoncer à cette guerre d’oppositions qui a stérilisé et paralysé la vie politique depuis des années mais qui, trop souvent, abreuvaient leurs colonnes ou leurs stations-radio ou leurs journaux télévisés. Car le fait de s’opposer devenait plus important que ce pourquoi on s’opposait. Un peu comme dans ces fâcheries familiales où à la troisième génération on ne sait plus trop pourquoi on est fâché sans pour autant vouloir réviser ses positions.

Donc les médias vont devoir changer la grille de lecture de l’analyse politique et sont en suspens, en expectative, en hypothèses. Et, en ce matin de 19 juin, je constate, d’après ce que j’entends, qu’ils ont du mal à sortir du critère binaire droite-gauche avec lequel ils poussent celui qu’ils interrogent à répondre, au lieu de le sonder sur les nouveautés qu’il espère. On cherche à se rassurer, ou au contraire des raisons de craindre. 

Quant aux électeurs ils ont dit ce qu’ils ne voulaient plus mais savent-ils vraiment ce qu’ils veulent ? Ils veulent tout comme toujours et comme tout le monde y compris des choses contradictoires. Alors pourrait-on essayer d’arrêter les crispations et les inquiétudes et parier sur un possible autre chose ?

L’avantage de ces élections c’est que celui qui est au sommet du pouvoir n’aura aucune raison de ne pas l’exercer pleinement. Sera-t-il « le despote éclairé » dont rêvait Voltaire au XVIII siècle ? Nous ne le savons pas mais le risque a été pris de lui laisser les mains libres. Gagner des élections ne se confond pas avec les compétences pour gouverner, l’histoire nous l’a suffisamment appris. Attendre de voir pour juger, accorder une certaine confiance n’est pas approuver à l’avance.

Dans ce sillage vers beaucoup d’inconnu, ne pourrions-nous pas cesser d’instiller  le poison de la morosité, abandonner les ricanements de la satire et reprendre goût à la vie publique ? 

Et, en allant plus loin, serait-il considéré comme naïf ou utopique d’œuvrer à promouvoir les efforts de ceux, d’où qu’ils viennent, qui souhaitent retrouver le vrai sens du politique, c’est à dire la recherche active pour aider la Cité à mieux vivre ?


Catherine Decout
©mcr-juin 2017

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