Les malheurs d'un djihadiste martyr

Omar avait froid et il se sentait bien seul.Maxresdefault

Son imam lui avait remis la veille une belle ceinture d’explosifs toute neuve en lui tenant à peu près ce langage :

« Omar, mon frère, au nom d’Hallal le grand barbu, je te remets l’instrument qui te permettra de tuer tous les croisés que tu croiseras. Cependant, je te recommande de te méfier des lieux surveillés par la police car te faire abattre par un flic, serait le comble du déshonneur…  et l’enfer assuré. Je te conseille donc d’attaquer un jardin d’enfants ou un hospice de vieillards. Ou encore mieux, tu vas attendre les croisés à la sortie de leur église et tu les pulvérises à la poudre de badaboum ! Omar, mon frère, laisse-moi te serrer la pince ! Bientôt tu te retrouveras au paradis d’Hallal, pour bien profiter des 70 vierges qui te sont promises dans le contrat en arabe que je te remets solennellement, il est dûment signé par Oussama en personne. Et voici la clé qui ouvre directement la porte des martyrs. C’est la petite porte à droite du troisième cumulus, tu ne peux pas te tromper. Et il n’y a plus de digicode, il a été volé par un martyr qui croyait que c’était une télécommande pour la TV. Va, mon frère et qu’Hallal soit avec toi.

Omar, qui ne voulait surtout pas se faire pincer par la maréchaussée, avait réfléchi longuement afin de trouver une cible sûre.

Finalement, il avait choisi un véritable nid de vilains croisés… l’église de son quartier, Sainte Frédégonde.

Pour garantir au maximum sa sécurité, il avait attendu la nuit sans lune.

Il était donc trois heures du matin et il attendait toujours, en se les frigorifiant grave depuis plus de deux plombes devant le portail de l’église… que sortent enfin ces maudits croisés.

Si au lieu d’écouter l’imam braire en arabe, il avait appris à lire le français, il aurait tiré grand profit de l’écriteau cloué sur la porte de l’église : « En raison d’une fréquentation en baisse constante, les offices auront désormais lieu dans la paroisse voisine. Allez-vous faire baptiser ailleurs ! »

Pour la centième fois, Omar consulta la montre qu’il avait volée la veille. Il était gelé jusqu’aux rognons et s’emmiellait le fond de la djellabah comme un rat mort.

Au bout d’un long moment de doute, il se dit que s’il rentrait chez l’imam avec sa ceinture de chasse d’été intacte, le saint homme allait lui savonner les oreilles à la figue de barbarie et adieu le paradis et les 70 vierges. Tandis que s’il se faisait sauter tout seul comme un poireau, personne ne pourrait rien lui reprocher.

Pour être certain de son coup, il sortit son contrat de sa poche et relut les grandes lignes. Aucune clause ne précisait qu’il fallait faire un nombre minimum de victimes pour avoir droit aux 70 vierges.  

Il baisa la petite clé qu’il avait placée avec de la ficelle autour du cou. Il faisait marqué Samsonite dessus, il n’y a pas à dire c’était du sérieux ! Son imam ne s’était pas moqué de lui.

Un grand éclair orange illumina brièvement  la place de l’église Sainte Frédégonde et Omar se sentit subitement beaucoup plus léger.Explosion image by us department of defense

 

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