Une animatrice "administrative"

3 ans que j’ai intégré la résidence “les châtaigniers” à Panazol, 3 ans de vie en osmose avec les autres résidents, 3 ans de bien-être dans un univers qui correspond bien à ma conception du “bien vieillir”, 3 ans de participation à toutes les activités proposées: gym-douce, prévention des chutes, aqua-gym, remue-méninges, dictée, autant d’instants sympas partagés avec les résidents “actifs”.

Parmis ces actifs, nous ne sommes que 4 (sur 130) à pratiquer la randonnée pédestre et, 2 fois par semaine parcourons entre 6 à 7 km par sortie.

Pratiquant le chant choral depuis mon plus jeune âge, j’ai ouvert un atelier qui réunit (réunissait) une douzaine de choristes tous les mercredis après-midi.

Le point négatif dans cette résidence, est le manque de compétence de celle qui justement a pour mission l’animation, charge à elle de créer une ambiance dans laquelle les résidents se sentent bien ! Cette ambiance repose sur un personnage central dans l’équipe d'une résidence : celui de l’animatrice. Alors que nous nous retrouvons avec plaisir dans les activités précités, parce que les “coachs” plaisantent et ont su instaurer un climat chaleureux, les soirées programmées comme festives, par notre “animatrice” sont tout sauf festives !

Le soir de la fête de la musique, voulant secouer la morosité qui président ces soirées, je fais une recherche via internet de l’animateur annoncé sur le programme. Je lui adresse un mail lui proposant de soutenir son action en l’accompagnant avec les choristes et lui transmet la liste des chants de notre répertoire. Il me téléphone me disant que c’était une excellente idée. Dans la conversation j’ai le malheur de lui faire part du contexte des soirées tristounettes que nous impose notre animatrice. Il arrive donc de Clermont-ferrand et, rencontrant notre responsable de l’animation, s’empresse de lui relater mes propos.

Convoqué par la Directrice, je subis “une remontée de bretelle” où on m’accuse de vouloir me substituer à l’animatrice, alors que je ne suis qu’un résident. En un mot comme en cent, on m’explique que si je dois payer tous les mois un forfait club (qui inclut les animations) je n’ai pas le droit de critiquer, ni surtout prendre quelque initiative que ce soit ! 

Compte tenu de l'objectif que je poursuivais <<rompre la monotonie d'une soirée, faire de la fête de la musique une soirée "chantée">> la réaction logique aurait dû, au contraire, être positive et favoriser cette initiative en mettant tout en oeuvre pour le succès de cette "fête" ! Eh bien non, aux yeux de la Directrice, j'avais commis un crime de lèse-majesté ! Alors que ce type d'initiative aurait dû venir de l'animatrice, si tant est qu'elle souhaitait que les résidents passent une bonne soirée à laquelle ils auraient été acteurs.

Suite à cet incident, j’écris à la Directrice (pour qui j’ai beaucoup de sympathie et de respect par ailleurs) pour la remercier de m’avoir évité de participer à une soirée qui, comme toutes  celles organisées par l’animatrice, s’est révélée soporifique, et que je me coulais dans le moule du parfait résident, insipide et inodore, et que bien entendu,  je supprimais mes interventions bénévoles de “chef de choeur” du groupe vocal. (Une douzaine de résidents privés du plaisir de chanter)

Il faudrait qu’on m’explique pourquoi, les résidents un tant soit peu dynamiques, non seulement ne sont pas sollicités ni associés à créer un climat de bien être, mais se font taper sur les doigts en prenant des initiatives dont l’objectif n’a pour seul but que de “réveiller” une ambiance soporifique. On a l'impression d'être pris pour des vieux "chnoks" juste bon à être materné ! L'administration ne veut pas prendre en compte que nous avons tous eu une vie active, avec des postes à responsabilité, avec des expériences qui pourraient être sollicitées pour aider à la prise de décisions !

Non ! Dans l'esprit de notre animatrice, nous sommes un troupeau de mouton qui n'a rien à dire en face des initiatives qu'elle est la seule à pouvoir prendre ! Pas question pour elle de s'appuyer sur une petite équipe consultative qui saurait pourtant trouver des idées en adéquations avec leur situation actuelle de retraités, ayant fait le choix d'intégrer une résidence Domitys !

Un fait est bien symptomatique du peu d’engouement que montre les résidents à suivre les initiatives proposée par notre animatrice. Tous les ans, dans l’ensemble des résidences Domitys, il est proposé de “se confronter” au travers d’une compétition appelée “Olympiade”. Plusieurs épreuves, dans différentes disciplines, sont proposées et un règlement gère ces épreuves. Initiative sympa, elle devrait trouver un écho, pour ne pas dire engouement, au sein des résidences ayant un tant soit peu un esprit d’équipe. Il suffit de voir le fiasco de cette initiative gérée par notre animatrice pour juger de son inneficacité à créer cet esprit maison !


 

Des animatrices qui participent et prennent leur "mission" à coeur, ça doit exister, non ? Dans son livre "Grandir encore" le Président J-M Fournet cite: <<...nos salariés aussi doivent s'adapter et adhérer à l'état d'esprit qui nous anime. Un collaborateur qui ne supporte pas "la chaleur humaine" n'a pas sa place chez nous ! >>

 Je connais des résidences Domitys où l'ambiance se cristallise autour de l'animatrice, l'esprit "maison" est une réalité. Ci dessous , le témoignage d'une animatrice dans une résidence séniors :

Interview d'Aurore Biraud, Animatrice depuis 6 ans aux Résidentiels du Château d’Olonne – Vendée – qui nous parle de son « métier passion ».

Quelle place occupe le projet d’Animation en Résidences Services pour Seniors ?

Les séniors rejoignent généralement des résidences services, qui rappelons-le ne sont pas des maisons de retraite médicalisées, afin de vivre en toute quiétude et sécurité.

Ils apprécient en outre l’ambiance douce et sereine qui en émane.

Cette ambiance est en partie due à un personnage central dans l’équipe de la résidence : celui de l’animatrice.

D’après vous Aurore, quel est l’objectif de l’animation en Résidence Services ?

Qu’apporte-t-elle aux résidents ?

« En premier lieu je pense que c’est un excellent moyen de fuir la solitude.

Le fait de vivre en collectivité, de s’ouvrir aux autres, le rapport entre les résidents, l’activité, deviennent un tremplin vers l’ambiance conviviale, un endroit chaleureux, une ambiance que l’on peut retrouver dans les familles où la notion de partage et de respect de chacun s’applique.

L’objectif est de leur faire admettre qu’il existe encore des choses à découvrir.

Souvent, à leur arrivée ils pensent qu’ils ne sont plus capables de quoi que ce soit, et tout l’enjeu est de leur faire reprendre confiance en eux en réactivant, par le biais d’activités, une capacité, un talent caché ou enfoui ».

 

Comment y parvenez-vous ?

« Je trouve l’idée à partir de leur besoin. La manière de procéder est à bien évaluer.

C’est simple, je choisis des activités accessibles à tous, je leur explique que l’erreur est possible. Je cherche juste à leur faire découvrir une nouveauté.

Ils ne doivent pas se sentir en difficulté.

Lorsque je détecte une faiblesse j’accompagne le résident habilement pour le mettre en confiance. Par exemple, pour une personne mal voyante, je vais agrandir le support sur lequel porte l’activité afin qu’elle se sente à l’aise.

Je m’adapte à chaque personne car je les connais bien.  

L’accompagnement doit être subtil afin que l’ensemble du groupe soit au même niveau. Dans mes activités, il n’y a ni concours ni jugement, rien que le plaisir de partager un moment ensemble.

J’insiste particulièrement sur les moments de joie, de plaisir, … de rire ».

 

Et pour sonder leurs besoins, comment opérez-vous ?

« J’utilise l’écoute et l’observation.

A leur arrivée je prends le temps nécessaire pour les découvrir, connaitre leur vécu, leur profession, leur histoire en somme, afin d’adapter mes animations et afin de ne pas commettre d’impair. (depuis 3 ans que j'ai aménagé aux Chataigniers, j'attends toujours que l'animatrice m'accorde un entretien ayant trait à mon vécu>>

Par exemple pour la fête des mères, un p’tit cadeau à toutes les dames mais avec plus de délicatesse pour les résidents qui ont perdu leur enfant, sans oublier celles qui n’en ont pas eu.

J’explique aux résidents le principe de l’animation. Je n’attends rien d’eux particulièrement, qu’ils prennent surtout du plaisir et qu’ils s’impliquent dans la vie de la résidence (kermesse, marché de noël…) »

 

En quoi est-ce important ?

 

« Pour garder ce sentiment d’être utile à quelque chose et de participer à l’ambiance de leur résidence. Je pense à un Monsieur qui arrose les plantes tous les matins et moi je veille sur lui, échange de bons procédés... » (sourires)

 

A partir des informations collectées, comment organisez-vous vos semaines, journées, mois d’animation ?

« Il y des dates régulières qui reviennent telles que anniversaire, messe, loto. J’élabore aussi des semaines types pour que les résidents aient des repères. Par exemple la prévention des chutes le vendredi matin et mémoire l’après-midi ! Le reste est composé en fonction des souhaits de chacun et selon les rythmes de l’année.

Trouver un équilibre entre le régulier et maintenir une place pour des activités qui évitent justement la routine. Par exemple, en été, il arrive que nous dînions à l’extérieur et parfois prolongeons la soirée par une partie de palets, pétanque… »

« Le matin une balade de 15 minutes est organisée, ou un atelier chant ou l’espace hydrojet. Mais elles ont lieu principalement l’après-midi. Le matin étant réservé à leur organisation personnelle ».

 

Comment sait-on que l’animation est réussie ?

« Je ressens le bien être des résidents, j’entends leurs remerciements, je mesure le plaisir pris, je vois les sourires qui illuminent leur visage… » (sourires)

Quelles sont les animations phares ?

« Cela dépend du groupe, 25 personnes (sur 60 résidents) à l’atelier mémoire, j’ai plusieurs groupes selon les centres d’intérêt. Ils adorent les lotos, la musique, tout leur plaît sinon je ne continuerais pas la programmation. Même sur la « wii », le bowling remporte un vif succès.

Une chose rigolote, ils adorent participer à l’épluchage des légumes. C’est parti d’une boutade et maintenant ils font la queue à « l’atelier pluches » chaque semaine. Un moment privilégié où quelques personnes se retrouvent avec leur musique, leurs histoires drôles, et comme dans leur passé, elles pèlent les carottes, les pommes de terre !... » (rires)

 

En quoi les sorties sont-elles difficiles ?

« Avec l’âge, elles apparaissent plus comme une contrainte. Le transport est plus ou moins fatiguant, (moyenne d’âge 84 ans), l’esprit peut être vif mais parfois le corps est douloureux, monter une marche est compliqué. Il faut adapter les sorties, type petite visite maxi 30 mn de marche. Mais quel bonheur de boire une p’tite bolée quand tout cela est passé ».

 

Et lorsque vous partez en vacances, que se passe-t-il ?

« Ils se plaignent du manque de « moi !!! » (rires). J’établis un programme mais ils n’y participent pas, ils ne se prennent pas en charge, ils m’attendent... et, à mon retour, je sens qu’ils sont contents et que la résidence va revivre. Ils s’occupent tout de même mais c’est différent ».

 

Quelles sont selon vous les qualités requises pour une animatrice ?

Si vous aviez une baguette magique que feriez-vous ?

  1. « La patience, principalement. Prendre le temps d’expliquer et de mettre en confiance. Avec la wii, pour expliquer les 2 boutons il faut parfois 15 séances. Mais comme la personne s’applique pour le faire..., et ils sont tellement gentils…
  2. L’impartialité aussi : égalité entre tous, il n’y a pas de plus fort, peu importe le niveau d’étude, le niveau social, il n’y a que la personne en elle-même à l’instant T qui compte.
  3. L’écoute également car il y a toujours des moments compliqués ou tristes. Il faut leur redonner le goût de la vie. Le passé est souvent douloureux. Ils ont connu le veuvage, parfois la perte des enfants, la maladie, les douleurs.
  4. Il faut avoir de l’empathie et les motiver malgré tout.
  5. c’est évident, aimer les personnes, leur contact. Être soit même : positiver et dégager une joie de vivre, un enthousiasme communicatif.
  6. La gentillesse,Etre créatif un minimum.
  7. Un brin de folie ! » (jeunesse d’esprit)
  8. « Je serais plus encore dans le soulagement de leurs souffrances, de leurs douleurs.Mais je dois m’adapter car je ne peux pas les faire rajeunir... » Depuis 6 ans, quelles évolutions constatez-vous ? L’animation a-t-elle des vertus ?

    « Incontestablement, une amélioration de la mémoire. Et cela je l’évalue par rapport aux ateliers. Je reprends l’année suivante les mêmes exercices et je constate une réelle évolution en matière de mémorisation, de logique et de réflexion.

     

    L’animation permet aussi de s’ouvrir aux autres.

    Je parlais de tremplin vers l’ambiance conviviale en début d’interview, et bien ils s’invitent à prendre l’apéritif chez eux, retrouvant ainsi un vrai lien social ! La sollicitation par le plaisir est permanente et porte incontestablement ses résultats. »

 

 

iP1090069Malgré les nombreuses critiques émises sur le manque d’efficacité de notre responsable de l’animation, rien n’évolue dans le sens que nous souhaiterions .

A bien y réfléchir, j’ai l’impression que cette responsable qui devrait, par ses actions, son dynamisme, son osmose avec les résidents, être le liant, le coup de main qui permet à une mayonnaise de prendre, cette responsable se cantonne dans l’administratif.

Elle a des comptes à rendre à sa hiérarchie ! Toutes les semaines, un canevas d’activités est proposé pour chacune des résidences. Ici, aux châtaigniers, ces activités figurent bien au programme, mais elles se font de telle manière qu’elles attirent peu de monde tant leur organisation manque de dynamisme.

Une soirée est programmée, le fait qu’il n’y ait aucun animateur, fait qu’elle se déroule dans l’ennui général, mais aux yeux de la responsable, elle figure bien dans son rapport et le fait qu’on s’y soit “emmerdé” ne la concerne pas ! Le fait que ces soirées ne réunissent qu’une douzaine de participants ne l’interpellent même pas ! La soirée était programmée, elle a eu lieu…..point barre.

Dans les publicités sur Domitys qui paraissent à l’écran, vantant le bien être et la bonne ambiance régnant dans ces résidences, je ne reconnais pas la nôtre .

Des gens qui s’amusent et se font des blagues dans une bonne ambiance communicative, ça doit exister dans certains établissements qui ont su créer cette dynamique, mais pas chez nous ! L’équipe administrative en place, donne l’impression de prendre les “administrés” pour un groupe devant se plier à leur désidérata, un groupe d’où aucune individualité ne doit se manifester. Pas question de préparer ensemble une soirée ou une quelconque manifestation !

Lors des olympiades, les résidents de Chateauroux semblaient soudés présentant l’image d’une équipe en communauté.

Fetes musique panazol

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