Une aventure humaine et charismatique

Jean-Marie Fournet le raconte avec beaucoup de chaleur humaine dans son livre : Grandir encore.

Mon propos se veut d’apporter ma petite pierre à cet édifice en tant que résident dans la résidence les “Châtaigniers” ouverte à Panazol en 2012.+

Walther jaloux fournet 3

Quand en 1995, trois hommes doués de conviction, matures et ayant vécu ensemble une expérience dans l’immobilier de loisir, se sont associés pour exploiter un projet “utopique”, rien ne laissait prévoir que ce projet allait connaître un tel développement ! L’aventure part d’un constat : offrir aux “aînés” un concept leur offrant la possibilité de terminer leur vie entourés d’affection et d’attention, dans des espaces dédiés, constitués d’un habitat agréable et sécure.

Permettre à des personnes vieillissantes, bénéficiant d’un état de santé leur conférant la faculté d’être “autonome”, de vivre une vieillesse heureuse.

L’acte de vieillir n’est donc pas la promesse d’une vie moins bonne mais d’une vie nouvelle, différente, avec ses découvertes et ses moments de gaieté. Vieillir n’est pas une maladie. » Pour la philosophe et écrivain, lorsqu’on vieillit, on continue de grandir mais « sur un autre plan ». On trouve d’autres joies, d’autres plaisirs, d’autres formes de découvertes. La vieillesse apporte beaucoup à la vie intérieure. Une grande sensibilité d’abord. On a davantage le temps de prendre soin des autres et d’être attentif à leurs attentes, à leurs besoins. Une formidable faculté d’apprécier les choses simples, ensuite. L’expérience de la vie permet de relativiser et d’apprendre à envisager l’existence avec davantage de simplicité et de maturité. (Marie de Hennezel)

 

Pourquoi était ce une utopie ?

Dans une société qui considère la vieillesse comme un âge pénible, inutile et sans joie, la réponse de la collectivité : des maisons de retraite ancrées dans l’esprit collectif comme des mouroirs, le concept Domitys prend le contrepied pour offrir des lieux de vie où il fait bon vivre !

Quelques expériences avaient été tentées dans ce domaine en mettant sur le marché des résidences “luxueuses” avec pour seul objectif : réaliser des profits ! Ces expériences ont plus ou moins périclitées parce qu’il manquait l’essentiel : “une âme”, un esprit d’entreprendre charismatique !

La collectivité tend à occulter les appellations qui choquent, c’est ainsi que le balayeur ou la femme de ménage sont devenus des “techniciens de surfaces” ! Les vieux sont passés de l’état d’aînés à celui de seniors. Mais sous cette appellation coexistent différentes tranches d’âges.

Face à la vie ou la mort, nous ne sommes pas tous égaux, essentiellement pour ce qui concerne notre santé. A 75 ans , on peut perdre toute autonomie, la seule solution s’offrant alors : l’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes dépendantes)Images 4

Mais il y a aussi des septuagénaires qui, s'ils n’ont plus les capacités physiques de leurs 20 ans, restent autonomes et jeunes de coeur et d’esprit. C’est cette tranche d’âge qui est visée dans ce projet

« A soixante-dix ans commence l'été indien de la vie. » Adwin Schneidman

 

 

Nos trois “entrepreneurs” s’appellent : Jean-Marie Fournet, Didier Jaloux et Frédéric Walther.

Leur innovation tient dans l’intégration de toute la chaîne de valeur de leur activité : de la conception à l’exploitation en passant par la promotion et la commercialisation des résidences, avec pour objectif : offrir un lieu de vie agréable aux seniors

2001 Dompierre-sur-mer, entre 2001 et 2005, cinq résidences vont voir le jour, établissements qui ont permis de vérifier la véracité du projet, mais aussi à améliorer et perfectionner le concept. En 2016, Domitys c’est 60 résidences et près de 7000 logements.

Résidence “les châtaigniers”

Pour ce qui est de Panazol, ouverte en 2012, elle comporte 120 logements. Sise dans le “vieux bourg” de Panazol, elle est à 100m de l’église, à 5 minutes de la mairie, de la poste et d’un petit centre commercial.

Accrochés au coteau, les bâtiments construits en espaliers, s’étalent sur plusieurs niveaux, surplombants Limoges qui s’étale à l’horizon.

 

A proximité, le parc de la Beausseries, offre des promenades ombragées autour d’un plan d’eau jouxtant la “médiathèque”, bâtiment contemporain abritant bibliothèque et espace multi-médias.Pict0009

 

Un couple parmi tant d'autres, résident dans la résidence de Panazol

Mon témoignage parmi tantd'autres, chacun des résidents étant une histoire

Avec mon épouse, nous occupons un appartement T2 en rez de jardin. Notre porte-fenêtre ouvre sur un large espace gazonné et notre partie privative accueille les tourterelles,mésanges, merles, rouge-gorge, qui apportent vie et “spectacles”Tourterelles

Nous résidions à Poitiers, où je “militais” au sein d’associations :

  • “Les compagnons des Lourdines” que j’avais créée en 1995 , offrant aux candidats à l’apprentissage de la sculpture sur pierre, la faculté de s’initier à cette activité de loisir créatif⋅
  • Le chant choral au sein du “choeur de l’Auxance”
  • “Toit par toi” une association que j’avais créée offrant aux ménages aux revenus modestes de construire leurs maisons en ossature bois,en auto-éco-construction
  • Correspondant de “la nouvelle république” quotidien local.

Un “papy” hyperactif quoi !

Deux de nos fils à Limoges et 4 petites filles, nous ont incité à quitter Poitiers pour Limoges et, ma recherche d’un logement m’a conduit à Panazol aux châtaigniers que nous avons intégrés en juillet 2014.

 

Comment je ressens ma vie dans cette résidence ?

Avec ma femme,nous vivons en complète autonomie dans un petit appartement de 49 m2.

Nous préparons nos repas avec la faculté de ”s’offrir” de temps en temps le restaurant de la résidence.

L’appartement est fonctionnel, bien isolé tant sur le plan thermique que phonique.

Pour ce qui est des activités proposées,je suis inscrits à “la gym douce”, aqua-gym, prévention des chutes et ai créé un petit groupe vocal que j’anime tous les mercredis. Screenshot 2016 05 20 at 11 23 55

Je participe également aux activités “culturelles“ : dictées, remue méninge

passionné d’informatique, je consacre beaucoup de temps à “nourrir” mes 3 sites internet. J’ai d’ailleurs proposé à mes congénères de leur mettre le pied à l’étrier en leur inculquant les premiers rudiments de cette “science”, sans résultat.

Un petit groupe (4) pratique la randonnée dans cette belle région qui propose des parcours rupestres. Six à sept km 2 fois par semaine

Un moment privilégié est “l’entract gourmand” (vers 16 h) où nous nous retrouvons autour de boissons diverses, que nous prolongeons par des jeux de société. Des habitudes se créent et c’est ainsi que je me retrouve à faire souvent équipe pour une partie de belote, avec Jacqueline (93 ans) contre Fernand (96) et Pierre (ex colonel de gendarmerie 94 ans)

 

L’ambiance:

Je me suis intégré très facilement au sein de la communauté des résidents avec qui j’entretiens d’excellentes relations. Le constat est que sur les 130 résidents que compte “les châtaigniers” , seuls 20% participent.

Ma réflexion me conduit à constater que beaucoup trop de résidents choisissent cette forme de vie bien trop tard, alors que les accidents de la vie ont bien entamé leurs conditions physiques. L’autonomie de beaucoup d’entre eux prête à caution.

Les très rares soirées proposées, sont généralement mal programmées et les participants n’entrent pas dans le jeux, se contentant de rester passifs, on s’y “emmerde” gentiment !

Il faut dire que les limougeauds ne sont pas d’un naturel expansif . Mais peut être qu’avec un peu d’animation et de préparations ces soirées pourraient être plus festives.

Mes regrets vont aussi vers le fait qu’on ne ”délègue” pas suffisamment aux résidents valides et prêts à s’investir. Il existe au sein des résidences des parcours individuels “Dom’actif”. Je m’y suis inscris pensant qu’en faisant ce choix je serai considéré comme “un partenaire” un acteur de la vie communautaire, mais il n’en est rien !

Hormis ces remarques négatives, je me félicite de mon choix et suis heureux de vivre dans cet environnement confortable, au sein d’une collectivité où je me suis fait des amis. Si je peux émettre un conseil auprès des lecteurs qui hésitent à franchir le pas, n’attendez pas d’être trop “fatigués” pour intégrer une résidence, car pour “profiter” au maximum des avantages qu’offre l’établissement, il faut être suffisamment autonome.

Génération senior

Génération « Senior » : voici un thème générique qui est de plus en plus utilisé pour désigner les personnes âgées de 50 ans et plus. . Ce concept, flou, est un terme honni voire détesté par certains en particulier par les seniors les plus jeunes (du fait de sa connotation négative liée à la « vieillesse ») ou alors accepté par d’autres.

Il a une signification différente en fonction du contexte. Pour le petit Larousse, il s’agit de sportifs de 20 à 40 ans mais pour les caisses de retraite, il s’agirait plutôt de personnes en âge de partir à la retraite : les 50 ans et plus sont loin d’être une population homogène. Ils ont des revenus très inégaux en fonction de leur âge et de leur sexe, des niveaux de pension différents et des valeurs souvent diverses. En effet, plus de trente ans peuvent parfois séparer les plus jeunes des plus âgés. L’erreur serait donc de tous les mettre dans le « même sac ».

Les baby boomers ou les personnes plus âgées ont-ils les mêmes aspirations, les mêmes besoins ? Existe-t-il un âge standard ? Faut-il définir des produits homogènes ou spécifiques pour les seniors ?

Passons en revue les différents classements effectués par les professionnels du marketing. L’âge ou l’état de santé peuvent être un critère de segmentation du marché des seniors.

 

Si l’on se réfère à l’âge, il existe plusieurs phases importantes :

Le départ à la retraite

  • L’apparition des premiers problèmes sérieux de santé qui apparaissent en général vers 75 ans
  • du grand âge et des problèmes de dépendance

 

Quant à la santé :

Les chutes, la presbytie, la ménopause chez les femmes, les accidents cardiaques vasculaires ou les chutes peuvent bouleverser leur vie et modifier très profondément leur façon de consommer.

De plus, il faut distinguer l’âge réel (chronologique) de l’âge ressenti ou subjectif pour bien comprendre les comportements d’achat des seniors. Ils ont le sentiment d’avoir entre 10 et 15 ans de moins que leur âge réel. Cela en conduit certains à consommer comme les plus jeunes.

Une étude réalisée par le Credoc en 2012 souligne les faits suivants :

 

Les segmentations construites à partir de l’âge

Les baby boomers (12 millions) – 50- 64 ans

Ce sont les seniors les plus nombreux en France. Enfants de l’après-guerre, ils ont construit la France des « Trente Glorieuses » On assiste à une arrivée massive de baby boomers soit un senior toutes les 37 secondes. Jean-Paul Tréguer qualifie cet âge d’été indien de la vie ou encore l’âge de l’essentiel selon l’Institut Français des seniors. C’est la période où ils veulent vivre selon leurs besoins profonds et satisfaire leurs envies. Ils tiennent à leur liberté et sont exigeants.

C’est une génération qui ne veut pas vieillir et qui refuse la ghettoïsation. Ils sont en général sensibles à la qualité, aux services et aux nouveautés.

 

Les retraités actifs (5 millions) – 65 – 75 ans

Vivant le plus souvent en couple, ils sont impliqués dans notre société avec un fort esprit citoyen. Ils veulent continuer à transmettre leurs compétences ou encore compléter leurs revenus avec une nouvelle activité professionnelle.

  • La baisse de la consommation est très importante après 65 ans du fait d’un déficit d’offres spécifiques. A partir de cet âge, les dépenses en alimentation, en habillement, en loisirs, en transports, en communication et en soins de beauté diminuent très fortement. On doit ce phénomène à la perte de mobilité, au fait qu’ils possèdent déjà un ou plusieurs produits du même type, à l’inadaptation des produits et des services à leurs capacités physiques et psychiques …
  • Notons que les nouvelles générations de seniors plus familières à la consommation et aux outils de communication devraient consommer davantage à l’avenir.
  • Les + 75 ans (5 millions)

    Cette tranche d’âge est majoritairement féminine et vit le plus souvent seule. Elle a conscience du décalage existant entre eux et les plus jeunes et du fait d’entrer dans une autre phase de leur vie : le début de la vieillesse. Se pose alors souvent le problème de logement et de maintien ou non à domicile.

     

    D’autres professionnels du marché des seniors les classent en 4 catégories :

    Une segmentation construite à partir des comportements de consommation par le CREDOC

    Elle croise l’âge, la vie en couple et la retraite :

    • les happy boomers (50-59 ans) : ce sont les enfants de la société de consommation et de l’innovation. Le plus souvent en bonne santé, ils disposent de revenus souvent confortables. Les problèmes de vue commencent à se faire sentir avec l’arrivée de la presbytie.
    • les libérés (60 -74 ans) : libérés de toute contrainte et disposant de beaucoup de temps libre, ils en profitent pour réaliser tout ce qu’ils n’ont pu faire auparavant : voyager et profiter des loisirs.
    • les paisibles : 75-84 ans
    • les TGV (Très grands vieux) : 85 ans et plus : leur consommation est essentiellement réalisée par leurs enfants. S’ils disposent de beaucoup de temps, ils ne sortent presque plus car ils sont généralement dépendants.

      Quelque soit la segmentation retenue ou le terme choisi pour désigner les plus « tout » jeunes, notre société a tout à gagner à ne pas seulement valoriser le culte du jeunisme et à proposer des produits adaptés à tout un chacun.>/p>

      Sources : Senior Agency, Institut Français des seniors et Credoc

      • les seniors actifs (36%) où au moins une personne du couple est encore en activité
      • les jeunes retraités (26%) de moins de 70 ans
      • les retraités âgés en couple (18%) de plus de 70 ans
      • les retraités âgés seuls (20%) majoritairement des femmes veuves.

Seniors de plus de 75 ans en relative bonne santé, (tout au moins autonomes)

cherche maison où il fait bon vivre en toute autonomie

Jean-Marie Fournet, Didier Jaloux et Frédéric Walther. se sont penchés sur ce souhait, ils décrivent leur concept dans un livre “Grandir encore”

 

Un changement de paradigme et un message sociétal

Le concept des résidences services seniors est relativement nouveau. ll a vu Ie jour dans les années 2000 dans l'espace laissé vacant par les pouvoirs publics en matière de logement pour personnes âgées, lors de Ia création des Ehpad et de leur réglementation d'une part, et du quasi-arrêt des foyers-logement de l'autre. Car Ies Ehpad sont destinés aux personnes âgées dépendantes et les foyers-logement aux .personnes âgées autonomes avec des revenus modestes. Et -tous les autres? Je reviendrai sur les chiffres, mais il y a des milliions de personnes âgées qui ne sont pas dépendantes et qui ne peuvent pas prétendre à un loyer modéré. À toutes ces personnes, la seule réponse apportée est celle du « main- tien à domicile”. La grande majorité des plus de 75 ans vit dans sa maison ou son appartement, souvent seule, ou mar- ginalement, chez un membre de la famille.

Alors ce peut être un appartement devenu inadapté (étages, voisinage...) ou un pavillon dont on n'a plus Ia force d'entre- tenir le jardin et qui s'est “éloigné”, des commerces depuis qu’on ne conduit plus... Depuis les années 1980, Ia politique du logement dépend pour une grande part des politiques fiscales d'incitation à I'investissement immobilier neuf. Mais demander aux gens comment ils ont envie de vivre est en- core trop rare et on s'occupe peu de Ia place de l'habitat dans le développement social, de Ia relation entre habitat et échec scolaire, habitat et bien-être... Le politique décrète qu’il faut construire 500 000 logements, mais pour qui et comment? En tout cas, il suffit de visiter quelques appartements en location pour vérifier que leur agencement fait trop souvent abstraction des personnes qui sont supposées y vivre. Pour concevoir nos résidences, le point de départ de notre réflexion a été l’incompréhension politique de ia place de I'habitat dans Ia société. Penser les prolets avec une vue économique n'est pas incompatible avec Ie fait de proposer des cadres de vie propices à l’épanouissement.Mais il est vrai que si nous avions été mercantiles, nous n’aurions pas conçu nos résidences de Ia même manière. Nous - nous efforçons de transcender nos propres logiques en travaillant entre autres avec des sociologues, des chercheurs et décorateurs spécialisés dans les besoins du grand âge

A l'heure où j'écris ces Iignes, il vient de se créer une école materneile dans une résidence pour personnes âgées au Québec, et une autre en Alsace. Les résultats sont étonnants en termes d'apprentissage pour les tous petits et de santé pour Ies seniors. Il est plus que temps, selon moi, de repen ser la retraite car les retraités ont prusieurs vie : de 65à 75 ans, de 75 à 85 ans, et au delà de 85 ans. Le mot retraite en lui-même ne reflète pas du tout la vie des seniors dès lors qu'ils Ia prennent : ils sortent, voyagent, élèvent leurs petits-enfants, oeuvrent dans les ONG, écrivent des livres lis se hâtent de retrouver une utilité dans une vie dite inac tive, mais qui ne I'est pas. Aujourd,hui, avec l’augmentation de l'espérance de vie, ils connaissent leurs arrière-petits-enfants

Nous accueillons essentiellement et sauf exception, des seniors âgés qui arrivent dans nos résidences à partir de 75 ans Dans un certain nombre de cas, ils n'ont pas fait le projet de venir. C'est la maladie, un accident ou la perte du conjoint qui les contraint à rejoindre un lieu de vie plus propice à leur nouvelle situation, souvent sur l'insistance de la famille. Mais ce sont pour une immense majorité d'entre elles des personnes qui une fois installées dans leur appar- ment au sein de la résidence, recommencent à faire des projets. Des projets parfois modestes, comme retourner s'as- seoir sur un banc du jardin après une convalescence. Mais .projets quand même.

Texte tiré du livre "Grandir encore"

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