Vraie histoire de Panazol

L'HISTOIRE VERITABLE DE PANAZOL

Le parc de la Beausserie était splendide sous la lumière d'octobre, une lumière douce comme un souvenir d'enfance. L'homme le traversa sans s'y arrêter. Un écureuil fila dans les feuilles. Monsieur Louis, c'était le nom de l'homme, aimait sa ville qui avait su conserver leur place aux arbres et aux écureuils.  Il passa devant le centre commercial désert et grimpa par la prairie vers le pavillon qu'il habitait sur le plateau. Il avait toujours vécu sur le plateau. Ses parents aussi. Et les parents de ses parents, sans doute. Quand son père avait abandonné la ferme, il avait compris que le monde changeait et il avait pris, comme les autres, le chemin de Limoges. On allait alors chez Legrand, aux Télécom où chez R.V.I. Les porcelainiers, déjà, n'embauchaient plus beaucoup. Il avait vu venir les pelles mécaniques et les camions, il avait entendu tourner les toupies de béton et grincer les grues. Il avait regardé un monde mourir tandis qu'un autre s'élevait de rangée de parpaings et rangée de parpaing. Il avait une vingtaine d'années et peu de goût pour la nostalgie. Il entra chez lui, ouvrit une armoire d'où il tira un gilet orange, hésita à l'enfiler et finit par le fourrer dans un sac en plastique. Inutile de parader. Ce qu'il faisait ne regardait que lui, pensa-t-il. En fait, c'était la première fois et il craignait un peu d'être ridicule. Son sac à la main, monsieur Louis gagna l'avenue Jean Jaurès par la rue de la Beausserie et fila jusqu'à la place de l'église qu'il ne parvenait toujours pas à appeler la place de la République. Le vieux centre du bourg n'avait pas beaucoup changé, avec sa boulangerie, sa salle paroissiale, son café et son église. L'ancienne mairie transformée en poste de police et le monument aux morts, plus dédié aux victimes qu'aux héros, témoignaient discrètement de la fuite du temps. Il en avait coulé, de l'eau sous la Vienne, depuis cinquante an! Mais à bien y réfléchir, les gens d'ici n'avaient pas beaucoup changé. La rue des Massottes donnait sur celle de la Liberté. C'est avec des bouts de bois que les paysans avaient chassé les troupes du Prince Noir, disait la légende. L'histoire racontait comment les descendants de ceux-là avaient résisté à l'occupant avec des vieux fusils et des vélos. Devant le portail de l'école, monsieur Louis enfila son baudrier orange. Les enfants n'allaient pas tarder à sortir. Il en reconnaîtrait peut-être quelques uns dont les parents, comme lui, étaient du pays. Les plus nombreux seraient des étrangers, venus des maisons neuves de Morpienas. Mais les enfants sont tous des nouveaux venus. Il se demanda comment, autrefois, on appelait les agents dans les rues des petites cités. Le mot lui revint: On les appelait des sergents de ville. Il fut heureux de constater que sa mémoire ne lui faisait pas défaut. Sergent de ville... C'était plus joli que flic ou keuf. C'était à l'époque où l'on jouait à mouliner des bras en imitant le bruit du sifflet à roulette dans les cours de récréation. Monsieur Louis allait jouer pour de vrai au sergent de ville, soixante années pour un rêve de gosse. La cloche sonna, libérant les enfants. L'homme écarta les bras. Les gamins traversèrent en courant. Quelques uns s'arrêtèrent le temps d'une bise au "papy trafic". Ces bises-là valaient bien d'avoir interrompu la belote au foyer "Pain et Soleil".

Quand tous les enfants furent envolés, monsieur Louis ôta à regret son uniforme et le plia dans son sac. Fin de la récréation. Il allait rentrer chez lui quand une petite fille l'interpella. ― Monsieur! Ma maman rentre tard ce soir. Elle m'a dit d'aller à la musique. Je ne me souviens plus par où c'est... Et sans attendre de réponse, elle colla sa main dans celle du papy. Monsieur Louis, ému, serra la petite main. ― Je vais t'accompagner, dit-il, c'est sur mon chemin. Tout le long du trajet, la petite ne cessa pas de parler. Elle raconta l'histoire un peu confuse d'un clown nommé Capucinello et de son ami Panazol qui avaient mis en déroute les armées du Prince Noir. Monsieur Louis ne comprit pas tous les détails. Il comprit simplement que l'enfant avait inventé une histoire avec ses camarades et qu'elle avait passé une bonne journée à l'école. Cela suffit à son bonheur. Il laissa sa nouvelle amie au centre Jean Cocteau où l'on entrait et sortait, des sacs de sport sur le dos ou des boîtes à musique sous le bras. On entendait derrière les portes des fanfares en répétition, des borborygmes de trompette et des envolées de piano. Monsieur Louis erra un bon moment dans les couloirs. Il n'avait plus du tout envie de rentrer chez lui. A l'heure où le monde se montre en gris dans les écrans couleur des informations télévisées, il admirait des affiches de cirque. Il avait douze ans, c'était au temps où papa menait toute la famille le dimanche au Cirque-Théâtre de Limoges. Et s'il n'y avait pas assez de sous pour la représentation, on se contentait de rêver devant les roulottes et de respirer les odeurs de la ménagerie. Deux jeunes gens se présentèrent pour déplacer une grille d'exposition. La grille était lourde. Monsieur Louis proposa son aide et l'affaire finit au bar amical du premier étage. Il trouva là, à l'heure des pubs avant la météo, des directeurs sans attaché-case, des présidents sans médaille, des secrétaires sans acrimonie, rien que des gens ordinaires à la fin de leur journée, parfois plus jeunes que lui, parfois de son âge, et qui avaient plaisir à se retrouver. C'était des gens dont le travail ou la retraite n'avaient pas tué les rêves. Un pharmacien causait de cirque, un cuisinier de pyrotechnique, une secrétaire de danse classique, un technicien de photographie et un retraité d'art dramatique. Monsieur Louis parla de son jardin et de son goût pour les sergents de ville sans imaginer que dans le quart d'heure, il allait se retrouver embauché à garnir les massifs des prochaines floralies. "On fait son bonheur en s'occupant de celui des autres" lui souffla une dame pour le convaincre. Il paraît que c'était la devise du club sportif dont elle s'occupait. I Quand il rentra enfin chez lui, monsieur Louis était un peu gai. Il alluma la télé dans le salon, par habitude. Un ministre évoquait gravement les mesures à prendre pour ravauder le tissu social élimé des banlieues. Monsieur Louis bailla. Il ne vivait pas en banlieue. Il vivait dans une petite ville à côté d'une grande où les gens, près des arbres, demeuraient au plus près de leurs rêves.  Il vivait à Panazol dont tous les enfants connaissent les véritables origines. C'est...

"LA LEGENDE VRAIE DE PANAZOL".

C'était au temps où l'on se nourrissait de pain à la farine de châtaignes mûries par le soleil d'octobre. On appelait le pain "pana" et le soleil "Sol".

 Comme chaque jour, le château perdu au milieu de la forêt résonnait de musiques de fête, de cling! de clang! de clac! de boum! et de aie! Dans la plus grande des salles qu'on appelait la "salle des Massottes", Maître Panazol, seigneur des lieux, gardien de la rose noire et prince des jongleurs, s'entraînait avec ses compagnons au délicat maniement de petits maillets au manche de pudé et à la tête de vergne. Les bâtons tournoyaient dans l'air, virevoltaient et se croisaient au-dessus des têtes des jongleurs qui les récupéraient habilement sans que jamais ils ne touchent le sol. Ce jour-là, Maître Panazol enseignait son art aux enfants. Boum! Aie! ― Ho la la la la la la! s'écria un petit en recevant sa massotte sur le bout du nez. Je comprends pourquoi on appelle ton château le château de la Bosserie, Panazol! C'est à cause des bosses qu'on s'y fait en maniant tes fichues massues! ― Mon pauvre Capucinello, fit le professeur en approchant. Tu es vraiment bien maladroit. Montre un peu ton nez. J'espère qu'il n'est pas cassé! Tous s'attroupèrent autour du blessé qui sautait d'un pied sur l'autre en tenant son nez à deux mains.

 ― Ho la la la la la la! ― Allons, ôte tes mains que je regarde, reprit sévèrement Panazol. Capucinello baissa à regret ses deux mains et tous ses camarades éclatèrent de rire. Maître Panazol, lui même, avait bien de la peine à conserver son sérieux. La massotte avait frappé si fort et si juste sur le bout du nez de l'enfant qu'elle y avait fait une bosse parfaitement ronde et rouge comme coquelicot.

― Ce n'est pas drôle du tout, protesta Capucinello avec une voix qui lui venait du nez. Les rires redoublèrent.

― Attend, Capucinello, ne te sauve pas, cria le maître des massottes.

Mais l'enfant avait déjà claqué la porte derrière lui. Il avait dévalé le grand escalier et fuyait à présent à travers la prairie qui descendait devant le château jusqu'à un petit étang. Maître Panazol haussa les épaules, frappa dans ses mains et invita le reste de ses élèves à reprendre la leçon.

― D'ici une heure ou deux, le nez de votre camarade aura dégonflé et sa colère avec.

Il reviendra tout seul. Au travail! Le château se remit à résonner de cling! de clang! et de clac! On n'entendait plus de boum! ni de aie! car, sans mentir, les élèves de maître Panazol étaient fort doués.

 Pendant ce temps-là, le pauvre Capucinello, avec son nez rouge comme un coquelicot, s'enfonçait toujours plus profondément dans la forêt. Il aurait voulu s'y perdre à tout jamais. Les rires de ses camarades l'avait blessé plus encore que le bout de bois sur son nez. Il courait en pleurant, il pleurait en courant, se cognait aux hêtres, aux marronniers, aux frênes, aux chênes et à quantités d'autres arbres dont il ignorait le nom. Il s'écorchait aux ronces, trébuchait aux pierres, s'éclaboussait aux flaques et s'effondra enfin, épuisé, dans une clairière tout près d'un lac. Il était si désespéré et las de vivre que, s'il avait trouvé une corde là, il se la serait passée au cou pour se pendre. Par bonheur il n'y avait nulle corde, là, près de l'étang et Capucinello s'endormit.

C'était un beau jour de juin, la clairière faisait un bouquet fleuri au cœur des bois. Des papillons papillonnaient dans le soleil, et le nez rouge de Capucinello semblait une fleur parmi les fleurs.  L'enfant dormait encore quand une délicieuse odeur de biche grillée parvint jusqu'à lui. Avant même d'ouvrir les yeux, il écarta ses narines et respira profondément dans son sommeil. Attiré par cette drôle de boule rouge qui frémissait dans l'herbe, un papillon se posa sur son nez. Capucinello ouvrit un œil, ouvrit l'autre, loucha et vit le papillon qui le regardait droit dans les yeux. Il allait le chasser de la main quand une voix terrible arrêta son geste.

― Mon plan? rugissait la voix. Rien de plus simple! On encercle le château, on embroche tout ce qui bouge sur nos épées, on s'empare de la rose noire et on fiche le feu avant de partir! Ce n'est pas plus compliqué que cela! 7 La petite armée qui s'était installée autour du feu où rôtissait la biche approuva par des rires un plan aussi subtil.

― Atchoum! fit Capucinello à qui le papillon chatouillait innocemment le nez

― Alerte! cria la voix tandis que les soudards abandonnaient leur repas pour se mettre à la recherche de l'intrus. Il y a quelqu'un par ici! Par Saint-Georges, attrapez-moi cet espion! Capucinello se mit à trembler de tous ses membres et de son nez, ce qui eut pour résultat d'attirer sur lui tous les papillons de la prairie. Il y en avait des jaunes, des rouges, des verts, des bleus et des multicolores. Ils se posèrent si nombreux sur ses habits, leurs ailes grand-ouvertes, que le petit garçon disparut entièrement sous les taches de couleurs. Seul son nez pointait au-dessus des herbes et des fleurs, son nez rouge comme un coquelicot. Soudain, l'enfant crut que la terre tremblait. Une botte venait de s'écraser dans l'herbe à quelques centimètres de sa joue. C'était une botte noire d'où montait un pantalon noir serré par une ceinture noire emprisonnant un pourpoint noir boutonné au col d'un homme à la barbe et aux cheveux noirs comme l'enfer. L'homme tenait une gigantesque épée dont il fouillait les herbes comme d'une faux.

― Vous avez dû rêver, Prince Noir, fit une autre voix. Il n'y a ici que de l'herbe, des fleurs et des papillons. Nous sommes tous tellement impatients de massacre que nous entendons des voix! Mettons-nous plutôt en route vers le château! 8 L'épée du Prince siffla au raz du nez rouge de Capucinello et la botte fit demi- tour. On entendit des cris, des ordres, des hennissements de chevaux et un grand bruit de galopade, puis le silence retomba sur la clairière.

― Sans cette heureuse bosse et tous ces papillons de couleurs qui m'ont déguisé en fleur, j'étais mort, soupira l'enfant. Et tout aussitôt, il pensa à ses camarades, à maître Panazol et à l'horrible sort qui les attendait. Attaqués par surprise, ils n'auraient aucune chance contre une telle armée de bandits. Il fallait les prévenir. Dans les contes de fées qu'il aimait, les hommes et les bêtes se comprenaient fort bien et il n'était pas rare que les animaux vinssent au secours des enfants. Capucinello tenta de demander aux papillons d'aller prévenir ses amis. Il inventa en vain mille grimaces, mimiques et bruits de bouche. Les papillons se contentaient de papillonner autour de son nez, semblant même prendre grand plaisir à son agitation. Pas un pigeon à l'horizon, juste une mésange dans un buisson de vergne au bord de l'eau.

― Une massotte, s'écria Capucinello, il me faut une massotte. Avec le couteau qui ne le quittait jamais, il tailla une branche de pudé, qu'on appelle aussi parfois "coudrier", et l'enfonça dans le trou qu'il creusa dans un petit rondin de vergne qu'on appelle aussi parfois "aulne". Sa massotte solidement assemblée, il découpa délicatement une lanière d'écorce au manche et y grava le message. " Les hommes du Prince Noir viennent pour vous tuer." Il roula la lanière pour en faire une boule, posa la boule sur un caillou, balança lentement sa massotte en visant dans la  direction du château, et frappa vivement du bout de son maillet. "Swing!" fit la boule d'écorce en s'envolant par-dessus les arbres à la vitesse d'un aigle. La fenêtre de la grande salle du château était ouverte. Le message tomba au beau milieu des jongleurs au moment même où, du côté de Cordelas, Capucinello commençait à courir. Quand enfin il arriva au château, il découvrit le Prince Noir et ses hommes sagement alignés sous un châtaignier, comme à l'heure de la sieste. ― Capucinello, l'accueillit Maître Panazol, tu nous as sauvé la vie!

― Mais comment avez vous fait?

― Grâce à ton message, nous avons eu le temps d'établir un plan. Si nous nous étions lancés contre les troupes du Prince avec nos seules massottes, nous aurions été vite massacrés, quels que soit le courage et la vaillance des nôtres. Faute d'être les plus forts, il nous fallait être les plus malins. Nous avons décidé de trouver du renfort chez ceux-là mêmes qui nous voulaient nous attaquer.

Mais de quelle manière? Les hommes du Prince Noir ne se sont pas assommés tout seul!

― Presque, sourit Panazol. Sitôt arrivé, le Prince Noir disposa ses hommes autour du château et fit battre le tambour. Nous avons répliqué par une joyeuse fanfare de trompettes. Et puis nous sommes sortis en faisant des roulades et des sauts périlleux, comme à la parade, par le grand escalier du perron. Les uns montaient des pyramides humaines, d'autres dansaient sur des airs de jazz en jonglant avec leurs massottes.

 "Qu'est-ce que c'est que ce cirque!" rugit le Prince. Il ne croyait pas si bien dire... Je lui ai souhaité la bienvenue. " Nous sommes des saltimbanques, votre majesté. Vous nous feriez un grand honneur en acceptant d'assister à notre spectacle." Le prince hésita un bref instant et céda à la demande de ses hommes. "Prince, soyez sympa! On rigolera deux fois. Une fois en regardant les clowns et une autre en les étripant!" Nous avons commencé à jongler. Ils ont applaudi. Le Prince était ravi. "Par ma barbe, dit-il, si mes hommes maniaient l'épée comme vous maniez vos petits bouts de bois, nous serions invincibles du royaume d'Angleterre jusqu'aux terres barbares les plus reculées!" C'est alors que je lui proposai de donner une leçon à ses vaillants soldats. Il trouva l'idée excellente et l'on distribua les massottes aux soudards à qui j'avais demandé d'ôter leurs casques afin qu'ils fussent plus libres de leurs mouvements.

― Mais alors, remarqua Capucinello, vous n'aviez plus d'armes?

― C'est vrai. Mais la suite prouva que nos massottes étaient bien plus efficaces entre les mains de nos ennemis qu'entre les nôtres. Au premier mouvement que je leur fis accomplir, deux hommes s'assommèrent et tombèrent sur le sol. Tous les autres éclatèrent de rire, comme nous même avons éclaté de rire quand tu reçus la tienne sur le nez. Un troisième tomba, puis un quatrième. A chaque fois qu'il perdait un soldat, le Prince Noir s'esclaffait et le traitait de maladroit. Quand enfin le triste chevalier se rendit compte du stratagème, il était seul , et nous n'eûmes aucun mal à nous en rendre maître. Mais toi, Capucinello, comment leur as-tu échappé?  

― Moi, rit l'enfant en portant la main à son visage, je me suis caché derrière mon nez coquelicot. Même les papillons s'y sont laissé prendre. Ils m'ont fait un costume si coloré que je suis devenu invisible dans les fleurs. Le soir tombait. On attacha sur leurs chevaux les anglais inconscients et fouette cocher! qu'ils s'en aillent au diable. Il en tomba à la Grèle, on en retrouva morts à Morpienas, soudards défaits à Soudanas, échaudés à Echaudiéras. Avec leurs arcs, leurs flèches et leurs lances, on alluma un grand feu de joie qui brûla toute la nuit. Sur le feu, les gens du pays firent cuire quantité de clafoutis, galétous et pâtés de pomme de terre. On chanta, on dansa et on raconta des "gnorles". Ce fut la première "Frairie des Massottes". Au matin Capucinello constata avec tristesse que son beau nez rouge et rond avait retrouvé son apparence habituelle. Pour le consoler, ses amis lui offrirent une coquille de noix peinte en rouge. Capucinello se la colle sur le nez chaque fois que la tristesse le menace. Il s'habille aussi de toutes les couleurs en souvenir des papillons et chacun rit en le voyant passer. Et C'est ainsi qu'il y a bien longtemps, dans le château de la Bosserie, chez Maître Panazol, le jour de la déroute des hommes du Prince Noir, naquit le premier clown du monde. Voilà pourquoi, à Panazol, on a donné le nom d'un clown à une grande place de la ville. 12 Voilà pourquoi aujourd'hui à Panazol, on célèbre les fleurs aux floralies et que l'on en garni toute le château de la Beausserie dont le changement d'orthographe ne suffit pas à cacher l'origine. Les marcheurs qui se promènent le dimanche autour de l'étang de Cordelas ignorent que son nom vient de la corde que Capucinello, désespéré, avait souhaité y trouver. Les golfeurs des porcelaines qui "swinguent" sur le green et les judokas de Pana-Loisir qui apprennent à se servir de la force de l'adversaire n'imaginent pas que leur sport favori a été inventé par un clown. Certains refuseront sans doute de le croire. Qu'ils aillent donc coller l'oreille contre le tronc du vieux châtaignier de la mairie. C'est lui qui m'a raconté cette histoire. Il était là. C'est sous ses branches qu'on avait allongé les anglais défaits. Il paraît même que, de nos jours, si un anglais de passage se risque à profiter de son ombre, le vieux châtaignier ne résiste pas à lui balancer sur le bout du nez... une châtaigne!

© Dominique Lemaire1995.

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