De quoi sera fait cette nouvelle année ?

En cette période de fin d’année, il est de tradition de formuler des voeux et des souhaits pour l’année à venir. Je suis toujours étonné par la mièvrerie de ces souhaits, tendant à faire croire que parce que la feuille de l’éphéméride change, tout redevient possible, que nous retrouvons une virginité ! Finies les emmerdes auxquels nous sommes confrontés, bienvenues à la fortune, l’amour, le bonheur et tuti-quanti ….

Il faut être bien naïf pour s’imaginer que l’année qui s’annonce va nous apporter tout ce que nos amis formulent à notre intention. Dans notre société actuelle tout particulièrement, où nous sommes confrontés à tant d’injustices, à tant de problématiques quand à l’avenir du monde, où, pour ce qui nous concerne, nous les seniors du 3 ou même 4ème âge, l’avenir peut se résumer à peu de temps.

Non pour ma part, je préfère m’inscrire dans ce futur que nous dépeint Jacques Attali:

Quel futur choisirons-nous ?

<< A priori , l’année 2015, s’annonce fort mal.

Pour le monde, où rien n’indique qu’aucun des conflits en cours (Ukraine, Proche orient, Moyen orient, Afghanistan, Afrique sub-saharienne …) ne s’arrêtera. Rien ne laisse penser non plus qu’il y aura moins de prises d’otages, d’attentats suicides, de femmes enlevées et violées, d’épidémies (le choléra menace en Afriqsue centrale, la peste revient à Madagascar…)

Rien n’indique non plus que la croissance mondiale ne ralentira pas encore, sous vles coups de la déflation, de la concurrence et des innovations. En conséquence, continueront à s’exacerber les déséquilibres économiques et financiers, à s’alourdir les dettes publiques et privées, à s’aggraver les inégalités, le sous-emploi de la jeunesse, sans que ralentisse pour autant l’émission de gaz à effet de serre. Il est même possible que, au delà de la simple poursuite des tendances actuelles, on assiste en 2015 à des chocs d’une toute autre ampleur. Des catastrophes naturelles, des épidémies, des guerres, des attentats géants, des explosions de bulles financières. Par exemple, une guerre pour l’Ukraine, engageant lOtan face à la Russie, par l’engrenage des alliances, n’est pas du tout à exclure.

En Europe, exposée à tous les enjeux du monde, rien n’indique qu’aucun des problèmes de fond qui lui sont spécifiques ne sera réglé ni même abordé en 2015. La gouvernance de la zone euro restera fragile, à la merci de la moindre crise en Grèce, en Italie ou en France. En clair une crise majeure de la zone euro demeure tout à fait possible.

En France, plus spécifiquement, l’année  promet d’être particulièrement horrible pour le gouvernement, guère meilleure pour l’opposition et pire encore pour les plus fragiles des habitants de ce pays. Des élections cantonales et régionales désastreuses pour la gauche, qui feront entrer le front national au sommet des exécutifs départementaux et régionaux , un congrès calamiteux du parti socialiste. Des réformes de plus en plus difficiles à faire voter, une croissance qui ne sera pas au rendez vous, un chômage et une dette publique qui augmenteront inexorablement, et plus encore si on tente de les réduire par des économies brutales. Au sein de l’opposition, des querelles de personnes qui révéleront plus encore qu’il y a de l’extrême droite dans la droite.

A la fin de cette année 2015, le monde, l’Europe, la France, épuisés, connaîtront des crispations sans doutes de plus en plus violentes..

2015 ne sera pas une entrée dans l’enfer, mais le début d’une renaissance ?

Pourtant, le meilleur est aussi possible. On peut imaginer que russes et occidentaux s’entendent pour stabiliser l’Ukraine et se rapprocher.; que l’alliance de toutes les forces du monde réussissent à éradiquer Daech; que la baisse du cours du pétrole ait un impact positif sur la croissance mondiale, que des découvertes scientifiques nous émerveillent, que les israéliens comprennent que la création d’un état palestinien est dans leur propre intérêt, que la fièvre Ebola soit vaincue sans qu’aucune autre épidémie ne vienne la remplacer. On peut rêver que l’Europe, après que la BCE aura tiré la dernière cartouche avec l’achat de bons souverains, se décide à se lancer dans une réforme institutionnelle, aboutissant à la création d’une capacité d’emprunt et d’investissements massive de l’eurozone. On peut encore espérer que le gouvernement français soucieux de laisser une trace dans l’hiostoire, lance, dans un élan inattendu, de vraies réformes, en remettant sur l’établi la loi sur la formation permanente, en reformant le cycle primaire pour que plus personne ne sorte de l’école sans savoir lire et écrire, en décidant, enfin d’une remise à plat courageuse des retraites et en réduisant tous les gaspillages de l’Etat et des collectivités territoriales.

Et pour ne pas en rester à une alternative, je veux croire, pronostiquer même, que 2015 ne sera pas une entrée dans l’enfer, mais le début d’une renaissance. Parce que chacun de nous prendra les choses en main, pour sa vie personnelle, celle de ceux qui l’entourent et des générations à venir.

Sans doute faut il parfois que l’humanité frôle la catastrophe pour qu’elle prenne conscience de l’immense privilège d’être vivant. >>

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