La femme voilée

 

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"La femme rappelle à l'islamiste sa profonde et plus forte faiblesse: le désir. Le désir de vivre, toucher, s'éterniser dans la vie. Le désir qu'il ne peut ignorer, qu'il veut ignorer et qu'il ne peut vaincre en lui-même sans tuer la femme en face de lui."  (Pourquoi les islamistes sont-ils angoissés par la femme?, par Karim Akouche).

 

Autrefois dans les pays occidentaux, les femmes devaient cacher leurs bras et leurs jambes pour être considérées comme décentes.  Résultat: les garçons étaient indirectement conditionnés à associer les bras et les jambes au sexe.  Les relations sexuelles hors-mariage étaient interdites et les occasions de voir un corps de femme était plutôt rares.  Le parfum d'interdit qui frappait le corps féminin le rendait d'autant plus attirant.  Bien des hommes reluquaient le moindre bout de cheville dépassant d'une jupe et la section des corsets des catalogues remplissait le même office que les magazines pornographiques d'aujourd'hui.

 

De nos jours en Occident, seuls les organes génitaux, les seins et les fesses sont considérés comme des parties intimes à cachés.  Résultats: rares sont les hommes qui penseraient à s'exciter en regardant des mannequins en t-shirt et en short et un bar qui afficherait "Danseuses érotiques nu-bras et nu-jambe" ferait probablement faillite.  Le corps féminin n'est plus tabou.  Il est partout et sa vue ne provoque ni émeute, ni orgie.  Les hommes y sont accoutumés tout simplement.

N'importe quelle partie du corps peut être érotisée, même lorsqu'il ne s'agit pas d'une zone érogène.  Il suffit pour cela que l'on ait été conditionné à croire que la partie du corps en question est indécente et ne doit être vue que dans l'intimité sexuelle.  C'est davantage une question de culture et d'expérience personnelle que de biologie.  Il existe toute sorte de fétichismes sexuels ayant pour objet une partie du corps non-érogène: fétichisme du pied, de la main, des cheveux, etc.  Le fétichiste peut également être excité par des objets comme des chaussures à talon haut, des sous-vêtements, etc.   Dans un pays érotisant le voile, ce sont les femmes voilées qui seraient considérées comme provocantes et indécentes.  

Photo: Bora Nam

Alors que chez les non-musulmans, les garçons apprennent à érotiser les seins, les fesses et les organes génitaux, les garçons musulmans conditionnés à considérer la tenue islamique comme la seule à être acceptable pour une femme apprennent à érotiser pratiquement tout le corps des femmes.  On voudrait créer de toute pièce le fétichisme du corps féminin qu'on ne s'y prendrait pas autrement.  Dans cette optique, les femmes sont séparés en deux catégories: celles qu'ils n'ont pas le droit de désirer et celles qu'il n'ont pas le droit d'épouser.  Les premières sont identifiés par un voile et des vêtements couvrant presque tout le corps.  Les autres ne sont pas identifiées mais puisqu'elles n'appartiennent pas à la première catégorie, elles sont placées d'office dans la seconde et ce quelle que soit leur tenue vestimentaire.

 

Loin d'éliminer le désir sexuel masculin, le voile et la tenue couvrante qui l'accompagne l'exacerbent.  Le corps des femmes voilées est visuellement inaccessible mais il est tout de même là, sous le tissu, pareil à celui des femmes non-voilées que l'on peut voir partout.  Le harcèlement et les agressions sexuelles sont d'ailleurs monnaie courante dans les pays musulmans ou la plupart des femmes se voilent.

 

Tenus de respecter sexuellement les femmes voilées, le désir sexuel des adolescents et des hommes élevés dans la promotion du voile est tout simplement dévié vers une autre cible: la femme non-voilée, non-musulmane de préférence puisqu'en principe, les seules musulmanes dont l'islam les autorise à voir les "atours" sont leurs proches parentes (une conception de la pudeur particulièrement étrange pour les non-musulmans, chez qui les parties du corps considérées comme des attraits sexuels ne sont pas davantage exhibées en famille que dans la rue et pas davantage dans l'enfance qu'à partir de la puberté).

 

Lorsque lorsque la promotion du voile s'accompagne de la promotion du mythe voulant que les femmes non-voilées (à plus forte raison si elles sont non-musulmanes) soient dépourvues de toute morale sexuelle, les fantasmes peut s'accompagner de mépris et même de haine.  Certains musulmans peuvent devenir très agressifs lorsqu'une femme non-voilée ne correspondre à la vision qu'on leur a inculqué d'elle.  Si elle refuse leurs avances, ils ne sont pas impressionnés par sa pudeur mais plutôt outrés parce qu'ils considèrent comme un affront.  Comment cette mécréante, dont ils sont convaincus qu'elle couche avec tout les hommes qu'elle croise, ose-t-elle refuser de coucher avec eux?  Une sale raciste islamophobe assurément!

 

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Musulmans, que souhaitez-vous pour vos fils?   Qu'ils soient excités sexuellement par des zones érogènes que la quasi-totalité des femmes cachent ou par des parties du corps non-érogènes qu'ils voient chaque jours dans tout les lieux publics? Porter le voile et l'imposer aux filles en insistant pour en faire un signe de pudeur revient à leur dire que le monde extérieur à l'islam n'est qu'un immense site pornographique à ciel ouvert.  Graduellement, vous les amenez à n'envisager le corps des femmes que sous l'angle sexuel, même dans des situations qui n'ont rien de tel.  Émissions de télévision, films, spectacles, journaux, magazines, expositions artistiques, concerts, danse, pratiquement tout est pornographique pour celui à qui on a appris que le corps d'une femme est une obscénité.

 

En participant à ce conditionnement malsain, non seulement vous apprenez à vos fils à mépriser les femmes non-voilées mais vous les désignez indirectement comme des proies légitimes pour vos fils.  Vous croyez qu'il vous suffira de dire à vos fils de respecter les filles et les femmes non-voilées pour qu'ils le fassent alors que l'islam leur envoie un message contraire en désignant le voile comme le moyen pour les hommes de reconnaître les musulmanes et ainsi éviter de les "offenser"?  Vous croyez qu'ils ne découvriront jamais comment les premiers musulmans traitaient leurs esclaves et leurs captives de guerre?  Le pire de tout: vous contribuez à sexualiser dans leur esprit le corps des petites filles dont ils peuvent voir les cheveux et les membres même au sein de votre communauté.  

 

Vous ne rendez pas service à vos fils en les habituant à se percevoir comme des irresponsables à qui un bout de peau fait perdre tout contrôle.  Même si vous déménagez dans le pays musulman le plus monoculturel qui soit, vous ne pourrez jamais contrôler à 100% tout ce que vos fils voient dans la rue ou dans les médias.  Ne vaut-il pas mieux leur apprendre à gérer de façon saine la vision d'un corps féminin que de les obliger à croire que la moitié de l'humanité ne mérite le respect que lorsqu'on ne la voit pas?

 

Toutes les femmes ont droit au respect de leur intégrité sexuelle, quel que soit la quantité de tissu qu'elle portent.   Les garçons qui apprennent à respecter le corps féminin dans son intégrité deviennent des hommes équilibrés qui savent se comporter avec toutes les femmes, non en prédateurs mais en alliés.

 

 

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Posté par brisonslemythe à 00:42 - 17-Réflexion sur l'islam et les femmes - Permalien [#]

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