Le non grec

 

 

Le non a gagne les grecs descendent dans les rues d athenes afp

Le référendum du 05/07/2015 où la Grèce a dit « non » à 61% a retenti en Europe comme un coup de tonnerre. On s’était habitué (résigné) à ce que la construction européenne soit d’abord une affaire d’experts (financiers, juridiques…) et de politiques, et voilà que le peuple grec fait entendre un non clair et massif à l’austérité-remède imposée par la ‘troïka’ de Bruxelles. Les foules dansant sur la place du Pirée à l’annonce du résultat ont fait peur à beaucoup de hauts responsables. Peut-on faire confiance à ces foules pour décider de leur avenir ? Pour savoir comment redresser le pays ? Pour influer sur la suite de la construction européenne ? C’est une affaire trop sérieuse et trop technique, trop complexe pour la remettre entre les mains d’une opinion publique ! C’est trop dangereux - voire démagogique - de jouer ainsi avec le sort de l’euro en faisant appel aux foules, pensent beaucoup.

Finalement, les technocrates seraient plus compétents que cette vox populi pour faire les choix importants, disent certains… Et l’accord imposé par la négociation européenne le 13 juillet a toutes les apparences d’une mise sous tutelle, malgré le message exprimé par les foules grecques… Sans la renégociation de la dette (et donc de toutes les dettes souveraines), il y a fort à parier que ces mêmes foules descendront à nouveau dans la rue pour protester…

On voit ainsi revenir un certain mépris à l’égard des foules, supposés incultes et irresponsables, ou au moins une certaine défiance envers elles. Sur bien d’autres sujets (le mariage, la GPA, l’euthanasie, l’école, les territoires etc.) les pouvoirs politiques ont peur des foules, ou ne veulent en tenir aucun compte. Le lien entre peuple et élus, constitutif de nos démocraties représentatives, est de plus en plus distendu. La crise de confiance est telle que l’abstention et les extrêmes prolifèrent d’élection en élection en France.

 

 

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